26 septembre 2009

Prime à la casse : Casse-toi, pov’ prime !…

Nous avons tous appris que dans la vie, quand on décide un truc ou quand on veut faire quelque chose, il est extrêmement rare que cela ne donne que des avantages sans aucun inconvénient… Mais en règle générale, il est assez fréquent que lorsque vous prenez une décision, cela aura des inconvénients accessoires, tel un médicament qui remplit parfaitement son rôle, qui est de faire cesser un trouble, mais qui peut provoquer des effets secondaires… qu’on accepte parce qu’ils sont le plus souvent sans rapport de gravité avec le mal qu’on veut faire cesser. Si au contraire les-dits effets secondaires se révèlent aussi graves que le mal contre lequel on veut lutter, alors on cesse de le prescrire !

Cela s’applique parfaitement à la prime à la casse qui a été instaurée l’an dernier. Rappelons qu’il s’agit de verser une prime pour inciter les automobilistes à abandonner leurs voitures datant de plus de 10 ans, à condition qu’ils en achètent une autre qui rejette un niveau de particules polluantes inférieur à des normes fixées : Le montant de cette prime varie selon le niveau de « propreté » du véhicule racheté : Notamment 1 000 € pour les plus propres, puis 700 € pour ceux qui le sont un peu moins.
Quant aux véhicules électriques, ils bénéficient d’une méga-prime de 5 000 € !

Quel est donc le premier but de cette prime ? Rapporter de l’argent à l’Etat ? Absolument pas, quoique ça pourrait se discuter.
Non, le but est tout autre : Il faut faire diminuer la pollution génératrice de CO2 et autres gaz à effets de serre, et comme on ne peut pas agir par la contrainte pure, on le fait par des incitations et des pressions financières. En clair, comme on ne peut pas interdire par la force aux gens de rouler, on les y encourage ou au contraire, on les dissuade de le faire de telle façon, avec du pognon !… Par conséquent, le but ayant été défini, et considéré comme primordial, la question de sa réalisation ne devrait même pas se poser !

Cette réalisation a donc été lancée… et elle fonctionne même mieux que prévu !
En effet, le nombre de Français qui ont procédé à l’achat d’un nouveau véhicule est bien supérieur aux prévisions… Ce qui signifie moins de pollution future… mais du même coup, une dépense supérieure à ce qui était prévue pour le budget de l’Etat.
Et paradoxe, le gouvernement commence à s’inquiéter du coût de cette disposition qui visiblement marche trop bien…

Alors, il faudrait savoir ce qu’on veut !… Si la mesure n’avait pas eu de succès, elle n’aurait probablement rien coûté, peut-être même aurait-elle légèrement rapporté grace au malus payé par les acquéreurs de gros véhicules, encore incapables de descendre en dessous des normes minimales fixées. Mais le résultat recherché en premier, à savoir la baisse de la pollution, aurait été lui aussi beaucoup plus faible.

Si au contraire, comme c’est visiblement le cas, la mesure est couronnée de succès, cela aura une incidence bien plus importante sur le niveau de pollution dans un certain nombre d’années. Mais à l’inverse, le coût global sur le plan financier sera lui aussi bien plus conséquent.

Le rapport de ces deux paramètres est fixe et non modifiable, et il faut encore une fois savoir quel résultat on veut obtenir :
Un monde théoriquement plus propre plus vite, mais ça coûtera beaucoup à tout le monde (et en plus, certains pays, comme la Chine, la Russie, et l’Inde ne sont pas très pressés, et dans la réalité, au final, cela ne donnera rien sur un plan mondial…), ou bien accepter que la Terre mette nettement plus de temps à retrouver son état naturel, (si tant est que le réchauffement, qui lui n’est pas contestable, soit intégralement dû à l’homme, ce qui peut encore se discuter…) si on veut garantir aux citoyens un minimum de niveau de vie… Je prend certes parti, mais il n’empêche qu’il faut rester cohérent !…

Or, en envisageant de baisser le montant de la prime à la casse, en attendant de la supprimer complètement, on est en train de démontrer aux Français, soit qu’on est illogique, soit qu’on est un peu écolo mais pas trop, et qu’on veut bien diminuer le niveau de la pollution, mais à condition que cela ne nous fasse pas trop baisser celui de notre porte-feuilles !…

Enfin, l’augmentation probable du prix des véhicules du fait de l’arrêt de la prime va entrainer une diminution des quantités produites, ce qui aura une influence néfaste sur l’emploi. Et l’emploi aussi, c’est un point très important pour les Français. Très important, mais hélas tout à fait non-écologique !… Personnellement, si je dois un jour choisir entre d’une part avoir 2/3° de plus l’été, lors de ma retraite (il fera meilleur à Paris) et d’autre part être contraint de vivre dans un pays qui aura eu une économie affaiblie et un taux de chômage supérieur, ma décision est vite prise : « Casse-toi, pov ‘ prime ! »

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