Ségrégation aux Restos du Coeur de Brest !...
Rejetés car soi-disant trop aisés avec le RSA,
des SDF n'ont plus que les poubelles pour bouffer.
Par SDF75 de passage à Brest. 05 Mai 2010 :
Aux Restos du Coeur de Brest, les per- sonnes titulaires du RSA sont considé- rées comme étant encore trop aisées pour avoir droit à une aide alimentaire.
Cela peut sembler incroyable à tous les braves gens qui donnent à cette asso- ciation, mais c'est hélas ce que j'ai pu constater à titre personnel...
Dans cette belle ville de Brest, Sous- Préfecture du Finistère, il y a un aéroport accueillant, des Arsenaux de la Marine Nationale, ainsi qu'une jolie rade
avec des criques isolées dans lesquelles les personnes SDF peuvent aller dormir sur le sable, lorsque le temps est clément.
Pour manger, si on a encore un peu de fric, il y a un Leclerc en plein centre-ville, à deux pas de la Mairie, ainsi qu'un LIDL a environ 15mn à pied.
Mais pour ceux qui ne
percoivent que le RSA, et qui se retrouvent par conséquent sans argent dès le 20 du mois (car on ne vit pas avec le RSA, on survit pénible- ment,
quoi qu'en disent certains...) il reste la manche, et pour ceux qui ne veulent pas accepter de faire ça, les Restos du Coeur... ou les poubelles...
Le point commun entre les deux, c'est qu'ils sont (normalement) accessibles aux pauvres...
Hélas, ce n'est que théorique, car il semblerait qu'ici, aux Restos du Coeur, il y ait plusieurs sortes de pauvres.
Et si on s'en tient à leurs critères de discrimination,
pardon, de sélection, il ne faut pas dépasser 350 € nets par mois (soit 110 € de moins que le RSA...) pour avoir droit à une aide :
un sac de nourriture deux fois par semaine...
C'est ainsi qu'une personne qui a déjà la chance de ne pas être SDF, et qui paie juste un relicat de loyer
de 60 à 100 € une fois compté les APL, aura le droit d'être inscrite, car ils lui déduisent le loyer restant à payer, de ses ressources.
Mais celui qui est Sans Abri, et qui doit assumer pourtant nombre de dépenses supplémentaires du simple fait que quand on est SDF, on paie tout plus cher,
lui, par contre, se voit au contraire exclu sous le fallacieux prétexte que n'ayant juste- ment pas de loyer à payer, il n'a au contraire, pour eux, aucune
charge déclarée, et qu'il dépasse ainsi nettement le seuil d'ultra-pauvreté qu'ils ont arbitrairement fixé !...
A l'image des lessives popularisées par Coluche dans son sketche, avec le nouvel Omo qui était sensé laver plus blanc que blanc, les bénéficiaires
doivent donc être plus pauvres que pauvres pour avoir le droit de bouffer aux Restos du Coeur de Brest !!!
Presque 25 ans après sa mort, le très généreux artiste à dû se retourner dans sa tombe... cela dit, il s'est déjà tellement retour- né en entendant toutes les
conneries énoncées par Ségolène Royal, que nul ne peux plus savoir s'il repose désormais à l'envers ou à l'endroit !...
Rectif au 13 Mai 2010 :
En hiver, les critères seraient légèrement remontés, et les RSA acceptés.
Les pauvres sont donc priés de patienter. Ils auront le droit de manger en Novembre !...
Additif au 8 mai 2010 :
Suite à mon précédent article (ci-contre), j'ai eu l'occasion de parler, une fois revenu sur Paris, avec un certain nombre de
personnes qui m'ont avoué que ce que
je décrivais dans ce premier article n'était absolu- ment pas propre à Brest, et qu'ils ont rencontré les mêmes problèmes lorsqu'ils ont
voulu, ici même, s'inscrire dans les Relais des Restos du Coeur, afin de pouvoir venir chercher des colis...
On leur aurait expliqué qu'avec leur RSA net de toutes charges, car étant SDF, ils n'ont pas de loyer à payer, ils excédaient en effet le plafond de
ressources fixé pour pouvoir bénéficier d'une aide... Et que le motif, pourtant très réel selon lequel en étant Sans-Abri, on paie tout plus
cher, ne pouvait pas être pris en compte, et serait même des plus contestable. (1).
Une responsable locale se serait même permis de leur préciser que les colis ne leur serviraient à rien puisque il s'agissait d'aliments qu'il
qu'il
était nécessaire de faire cuire (Viande de Boeuf, boites de conserves, etc...) et qu'étant SDF,
ils n'avaient pas la possibilité de
faire cuire ces aliments...
Mais le comble est venu ensuite : Comme ces personnes ont répondu qu'ils avaient la possibilité
d'aller les faire cuire chez quelqu'un, du coup la responsable leur aurait rétorqué que c'était encore pire, que s'ils avaient la chance d'avoir des amis, que leurs amis pouvaient
peut-être aussi les aider au niveau de la nourriture, et qu'il y avait beaucoup plus malheureux qu'eux... Comme stupidité de raisonnement, on
pourrait
difficilement faire mieux !...
Enfin, j'ai bien dû recevoir une quinzaine d'E-Mail, toujours suite à cet article, dont quand même sept mecs qui sont d'accord avec moi. Ainsi qu'une E-Mail de
quelqu'un qui se prétendrait « responsable à un certain
niveau », des
Restos du Coeur, mais qui s'est bien gardé de me proposer un rendez-vous quand je lui ai demandé de me certifier par écrit que ce que
j'affirmais était faux,
et que les RSA qui sont SDF étaient acceptés sans restriction.
Je maintiens par conséquent tout ce que j'ai pu écrire. Cette ségrégation entre les pauvres ne résulte absolument pas d'une malheureuse initiative locale,
mais bel et bien d'une politique nationale voulue en ce sens par les Restos du Coeur qui trahissent ainsi de la façon la plus honteuse qui soit l'oeuvre
du défunt Coluche !...
(1)
Pour cette pourriture, (y pas d'autre mots), si on paie tout plus cher en étant dehors, c'est
qu'on le veut bien puisque justement, il y a des foyers pour éviter qu'on soit dehors. Alors que précisément, comme je le décris dans mon autre article :
SDF - La vie dans la rue, les mecs cleans refusent les foyers à cause de la promiscuité qu'on y impose !...