La GRL (Garantie des Risques Locatifs) :
Ignorée par toutes les agences immobilières !...
Par Klayton - 22 Février 2010 :
Depuis Février 2010, une deuxième version de la GRL, la nouvelle Garantie des Risques Locatifs créée dans la foulée du Droit au Logement Opposable, est entrée en vigueur.
Si on en croit Mr Benoist Apparu, Secrétaire d'Etat au Logement, elle serait quasiment universelle,
et permettrait enfin à tous les précaires de trouver un toit.
Tous ceux dont la demande de Droit au Logement Opposable (DALO) n'a pu être satisfaite faute de logements disponibles,
pourraient désormais être logés sans problème dans le privé.
Rêvons un peu : Les propriétaires vont-ils enfin accepter de louer des studios ou des F1 aux modestes titulaires des minimas sociaux ?
Hélas, NON ! Et la deuxième version de ce texte, qui était pourtant sensé instaurer une garantie pour les plus modes- tes, est encore très loin de tenir
toutes les promesses qui ont été faites en son nom !...
Sur le papier, au niveau des garanties apportées aux bailleurs, la GRL semble pourtant au top :
-- Garantie jusqu'à 70 000 € pour le paiement des loyers.
-- Garantie jusqu'à 7 700 € pour les dégâts dans le
logement.
-- Le loyer ne doit pas dépasser 50 % des revenus.
Pour ce qui concerne notamment la garantie de paiement des loyers, cela revient à une garantie quasi-illimitée.
En effet, si on prend comme exemple la location d'un studio avec un loyer de 450/500 €, tout le bail de 3 ans ne représente qu'un maximum de 18 000 € !
Pourtant, malgré ces garanties quasi absolues, cela ne fonc- tionne toujours pas !...
D'abord, il faut savoir que plus de 80 % des propriétaires ignorent encore la GRL ... Ils croient toujours que rien n'existe pour couvrir les personnes
qui ne disposent pas des garanties classiques (fiches de paie, contrat en CDI, caution solidaire d'un tiers !...)
On peut également dire exactement la même chose pour ce qui est des agences immobilières, qui répondent toutes qu'elles ont entendu parler de cette disposition,
mais qu'elles n'ont aucune information concrète à fournir...
A priori, c'est une assurance à laquelle doivent souscrire les propriétaires... Oui, mais sauf qu'actuellement,
les bailleurs possèdent déjà une assurance, qui leur coûte environ 2,5% des loyers. Alors, ils vont devoir repayer pour prendre la GRL...
Un propriétaire qui voudra bien l'accepter devra donc supporter les frais de deux assurances !
Rectif du 18 Mars 2010 :
Non seulement ils vont devoir supporter le paiement de deux assurances, mais
ils devront même choisir un autre assureur car histoire de compliquer encore un peu, les assureurs qui proposeront la GRL ne devront pas, eux,
offrir un autre type d'assurance (Source: ADIL). Ce qui risque d'en décourager certains.
Et inversement, ceux qui disposent déjà d'une autre assurance ne vont pas s'emm.. à proposer la GRL...
Joli boxon en vue...
Par ailleurs, concernant l'information des plus modestes, c'est au point mort... On peut sans problème constater qu'on ne strouve ces renseignements
quasiment nulle part !...
Et encore moins hélas, dans le domaine du caritatif ! Alors là, les associations sensées aider les personnes Sans-Abri sont complètement
aux abonnés absents, pour ce qui est de l'infor- mation des bénéficiaires potentiels de la GRL !
Et il faut bien reconnaitre que pour toutes ces organisations, l'aide aux SDF s'est toujours limitée à la gestion de leurs foyers pourris et de leurs
camionnettes de distribution de gamelles de soupe. Une fois accomplis ces actes héroïques, elles sont convaincues d'avoir fait leur devoir et apporté
toute l'assistance qui était possible aux personnes à la rue.
Ajouté le : 10/01/2012
Enfin, pour ce que j'ai pu constater, c'est encore pire :
Les agences de location prétendent que « la GRL ne peux que suppléer la caution solidaire d'un tiers, mais pour ceux qui offrent déjà
la sécurité d'un travail. Et qu'elle ne garantie pas les titulaires du RSA. » (1)
Car ils refusent aussi de tenir compte des Aides au Logement et du seul reste à payer, pourtant bien plus conforme à la réalité !...
Pour bien comprendre ce dialogue de sourd, voici les comptes faits par les candidats au logement, mais aussi et surtout par les travailleurs sociaux qui les
suivent :
(Exemple d'un loyer modéré à Paris (2)) :
-- Ressources : RSA 411,00 € (environ)
-- Loyer : 480,00 € (CC)
-- Allocation Logement (ALS) 296,00 €
-- Allocation Logement Compl 80,00 €
Ville de Paris
Le reste à charge du locataire est donc de :
480,00 € - 376,00 € (296,00 + 80,00) = 104,00 € à charge.
Le ratio est donc de :
411,00 € (RSA) - 104,00 € (loyer restant) = 307,00 €.
Le loyer restant dépasse à peine les 25% des revenus !...
A l'inverse, voici la façon irréaliste de compter des agences :
Ils additionnent d'abord tous les revenus :
-- 411,00 € + 296,00 € + 80,00 € = 787,00 €.
-- 787,00 € - 480,00 € (loyer total) = 307,00 €.
-- 307,00 € = + 50% de 411,00 €.
Le résultat est le même, sauf qu'eux, ils considèrent que le loyer dépasse même les 50 % des revenus, et que donc même la GRL ne serait pas applicable,
à supposer qu'ils veuillent bien la prendre !...
En fait, ils additionnent d'abord tout à la fois, le RSA et les allocs comme si celles-ci servaient aussi à bouffer !!!
Mais c'est complètement faux, et la preuve, c'est qu'ils peuvent justement en
demander le versement en tiers payant par la CAF.
Le candidat-locataire n'a donc bien que 104,00 € à payer, soit à peine plus que 25% de ses 411,00 € !...
En fait, au départ, les propriétaires étaient largement partants sur le principe d'une garantie universelle !...
Mais ils s'atten- daient à quelque chose de beaucoup plus simple que ce qui
semble être une véritable usine à gaz, dans laquelle plus personne n'est capable de comprendre qui, du locataire ou du prpriétaire, doit faire quoi ?...
Ils pensaient tout simplement que les personnes concernées, et notamment les titulaires des Minimas Sociaux, allaient se voir offrir une sorte de
couverture logement universelle, qui leur serait attribuée à eux, et que lorsqu'un propriétaire leur louerait un logement, ils seraient automatiquement garantis par l'Etat en cas de défaillance du locataire !...
Une telle garantie, simple et absolue, aurait été également un très bon argument pour faire baisser le prix des loyers puisqu'il aurait été facile de faire comprendre aux bailleurs qu'en échange des frais, des soucis et de la paperasse que cela allait représenter en moins pour eux, ils devaient con- sentir un effort
au niveau du montant des loyers pratiqués !...
Songez un peu : La possibilité de louer un studio, en étant automatiquement couvert, simplement parce que le mec à qui vous le louez est lui-même garanti par l'Etat !...
Hélas, je crois qu'on a perdu là une bonne occasion de résou- dre la crise du logement, redonner confiance aux propriétaires, et permettre la remise sur le marché d'une grande
partie des centaines de milliers de logements vides...
Bref, on continue comme avant de se faire jeter !...
Et ce n'est malheureusement pas encore demain que le problème du logement des plus modestes, qui perdure de façon
endé- mique depuis plus de 30 ans en France, va être résolu !...
(1)
En fait, la GRL ne garantie, en « version de base » que les mecs qui travaillent, et n'est donc d'aucun secours pour ceux qui sont
au chômage ou au RSA, alors qu'ils
pourraient parfaitement, eux aussi, assumer un loyer raisonnable, une fois déduites les Allocations Logement !...
En fait, il est possible de garantir les chômeurs comme les titulaires du RSA, mais en option, en payant un supplément qui fait passer le taux de l'assurance,
à plus de 3,60 % !... De quoi faire fuir bien évidemment les propriétaires, alors qu'au contraire, il faudrait les y encourager par des taux moins élevés...
(2)
D'après certains propriétaires, la possession automatique, sans trop de frais, d'une garantie absolue, style risque zéro comme l'est théoriquement la GRL,
pourrait faire accepter en échange des nettes baisses de loyer...