Comme je l'ai dit ailleurs, je suis SDF depuis maintenant environ un peu plus de 7 ans !.
Avant d'être SDF, j'ai habité pendant 6 ans dans une petite chambre de bonne de tout juste 9 m2, sans aucun
confort.
Encore auparavant, durant un peu plus de 2 ans, je n'étais pas chez moi...
Cela signifie que j'ai passé plus de 15 ans sans avoir un chez moi !...
Pendant toutes ces années, la galère s'est notamment traduite par un manque de ce qui représente, pour moi en tout cas, les besoins
les plus élémentaires. A ce stade, on ne peut même pas parler de confort...
Pas de douche :
En effet, depuis tout ce temps, je dois me rendre dans les Bains Douches publics, soit bien souvent de 30 à 40 mn
aller et retour. Il faut y ajouter la difficulté des horaires qui changent, selon les établissements et les quartiers.
Ils ne sont pas tous ouverts en même temps.
La galère du Lavomatic !
Le principe est ici le même. Chaque fois que je dois laver mon linge, au lieu de pouvoir le mettre dans
une machine à laver qu'on peut même faire tourner la nuit pour gagner du temps, je suis forcé de
trimbaler mon linge sale dans un ou deux gros sacs pour aller rejoindre le Lavomatic le plus
proche du lieu où je me trouve.
Sans oublier que ça coûte hyper-cher, par rapport au prix d'une machine à laver et son entretien !...
Je veux un HLM !
C'est la raison pour laquelle, je me permets désormais d'exiger un HLM :
J'estime à ce jour que cette vie n'est plus tenable, et je n'accepte plus de continuer dans ces conditions.
Je peux sembler exigeant, mais à notre époque de crise, de plus en plus de personnes, chez les jeunes notamment,
ne rêvent plus que d'être fonctionnaires, et de bénéficier ainsi de la sécurité de
l'emploi.
On constate que ces personnes, qui n'ont pas encore connu de vraies difficultés dans
leur vie,
(un grand nombre de jeunes sont encore chez Papa et Maman après 32 ans)
considèrent qu'il est normal de vouloir dès 25 ans la sécurité absolue,
et donc ne jamais souffrir du chomage, qui peut pourtant frapper n'importe qui dans le privé...
Je ne prétend pas que toute personne doit accepter une part de malheur dans sa vie. Mais si
un jeune trouve normal de ne jamais connaitre tous ces aléas de l'existence alors qu'il est au début de sa vie,
moi, j'estime en avoir eu largement plus que ma part. Et qu'après cela,
j'ai plus que droit à cette sécurité. Alors non seulement je ne veux plus être
SDF, mais je n'accepte même plus le risque de le redevenir !...
Je sais que de très nombreuses personnes se sont offusquées que je parle ainsi.
Elles pensent que rien n'est dû, et que même si on ne nous propose que des m...,
on devrait les accepter en disant merci !...
Désolé, mais ce n'est pas ma façon de voir les choses.
Quand des conducteurs de RER, qui gagnent de 2200 à 2500 € plus
la sécurité de l'emploi, se permettent d'en vouloir encore plus, et font grève en paralysant les transports, et en empêchant ainsi des
millions de gens d'aller bosser, nombreux sont ceux qui vont jusqu'à leur donner raison...
Les plus cyniques vont même jusqu'à estimer qu'ils se sont battus, et qu'étant une force, ils ont raison d'en profiter...
OK, alors moi j'utilise désormais le même principe :
Alors, quand je me fais embarquer par les Pompiers de Paris, et emmener à l'hôpital suite à une perte de connaissance vraie ou simulée,
nous verrons bien qui se lassera le premier de ce petit jeu :
Moi qui dort ainsi au chaud sur un brancard dans une salle d'hosto sans supporter
les SDF crades, ou l'Etat, qui va devoir assumer le prix de toutes ces interventions
des Sapeurs-Pompiers. Et je rappelle que le coût de chacune d'elles revient à plus de 350 € !...
(Voir mon article « Un SDF, ça peut vous coûter très cher » ).
Aussi, désormais, j'en suis arrivé a avoir un minimum d'exigences !...
Beaucoup estimeront qu'entre les foyers d'hébergement infects que je refuse à juste titre,
et le logement HLM que je réclame maintenant, il y a un juste milieu. Désolé, mesdames et messieurs,
mais ce n'est plus vrai.
Quelles sont en effet les autres possibilités :
Une chambre sans douche : Plus jamais !
Si vous avez déjà vécu dans un logement de ce type, je doute fort que vous soyez prêt à recommencer
l'expérience.
Et si cela ne vous est jamais arrivé, essayez quand même de l'imaginer :
Prenez la surface de votre beau F1 de 32 m2, et divisez le par 4 !
Vous visualisez le mur d'en face qui
se rapproche jusqu'à frôler le pied de votre lit, puis celui de droite qui se déplace à son tour de
2 mètres vers vous, en faisant disparaître votre belle armoire à fringues.
La porte de la salle de bain s'efface, comme celle de la cuisine. Le couloir aussi disparaît. A sa place, le mur uni. Seule, la
porte d'entrée est toujours là, toute proche, qui vous retransmet fidèlement tous les bruits du
couloir en son 5.1.
Enfin, le plafond s'incline sur 1 m.
Voilà, vous êtes dans une Chambre de Bonne de 9 m2 !...
Quitter Paris ? Jamais !...
C'est clair que certains beaufs moralisateurs vont me dire que je n'ai qu'à quitter Paris. C'est dingue ce
que ce genre de réflexion est courante, y compris chez des mecs de gauche, qui se veulent par ailleurs les
défenseurs des plus pauvres, mais qui se permettent de tenir le même langage que les plus conservateurs !
Quand je dis qu'ils défendent les plus pauvres, il me faut rectifier : Ils défendent les plus crades, les alcoolos,
les taulards ou ex-taulards, les drogués, mais un mec qui est clean, ça non, il peut se débrouiller tout seul,
il n'a pas de vrai problème, il y a plus malheureux que lui... Tel est le raisonnement de beaucoup de bénévoles gauchistes,
qui ont souvent hélas des postes à responsabilités dans de nombreuses associations !...
Au mieux, ils pensent que tout le monde doit être aidé de la même façon : Fort bien, mais avec les budgets
qui sont attribués, justement, on ne pourra pas aider tout le monde, si on veut le faire correctement !
Je refuse également ce raisonnement qui consiste, sans oser l'avouer, à vouloir chasser les pauvres de la capitale.
Certains rêvent de s'approprier Paris et d'envoyer les gens les plus modestes en
banlieue, eh bien sachez-le, pour ce qui me concerne, c'est hors de question !
Personnellement, j'ai toujours vécu à Paris, j'adore cette ville et j'ai bien l'intention d'y rester,
contrairement à tous ceux qui passent leur temps à la critiquer, qui sont là juste pour le taf,
et qui ne rêvent que de repartir un jour dans leur « région d'origine ».
Eh bien, que ceux qui n'aiment pas Paris se cassent, s'il faut trouver de la place.
Moi, j'y resterai !
Cela pour répondre à l'objection de ceux qui vont me dire que des HLM, y en a en banlieue !
Ce qui d'ailleurs est à la fois vrai et faux !...
Mais ben voyons, des HLM dans des cités pourries, ça c'est sûr qu'il y en a !
On a pas attendu Mme BOUTIN pour savoir que dans les cités des Francs-Moisins à St-Denis
ou au Val Fourré, à Mantes-La-Jolie, sans oublier les 4000 à La Courneuve,
il y aurait jusqu'à 30% de logements libres, du reste souvent squattés pour divers trafics !...
Mais dans lesquels on se fait massacrer pour un rien...
A Kaboul aussi, on peut trouver des appartements de libre, à louer pour pas cher !...
En fait, je vais même aller encore un peu plus loin dans le raisonnement, mais quand je parle de la banlieue
et de mon désir de rester à paris, j'exclue aussi le 18e, le 19e, (là où se
trouve les cités Curial et Riquet...) et le 20e.
Ca non plus, je ne pense pas qu'on ose même me le proposer. Les travailleurs sociaux qui me connaissent savent que si
je suis très respectueux des lois, je ne serai jamais de ceux qui se laissent dépouiller sans réagir.
Je ne pense pas que le pouvoir en place ait envie que se produise un acte du style
« Le Justicier dans la Ville 3 ».
Mais si quelqu'un devait se trouver face à une bande de 15 racailles avec des barres de fer et des machettes,
même avec... quelque chose de léthal sur lui, il serait largement en Légitime Défense. pensez-y, messieurs...
J'ai un copain qui est Juif, Gay, et qui bosse dans la Sécurité. Cela lui fait 3 raisons de se
faire massacrer...
Bon, restons sérieux, si on veut, des HLM dans des quartiers corrects, il y en a !
Sauf que la gauche les garde pour les plus gogols, tandis que la droite se les réserve pour
les amis et les amis des amis !...
Les studios dans le privé : Trop chers !
Un studio de 25 à 30 m2 environ est loué facilement 600 € par mois, souvent 650 voire même 700 €...
Enfin, même dans l'hypothèse où je trouverai la perle rare qui serait d'accord pour me
louer un studio, je ne pourrai effectivement jamais assumer un tel loyer...
Je ne demande pas le logement gratuit, je peux tout à fait régler un prix honnête
(je peux mettre jusqu'à 450 € par mois maximum),
mais je ne rêve pas, aucun propriétaire n'acceptera ce montant de loyer, malgré la nouvelle GRL, qui fait du reste
un vrai bide (Voir l'Article de mon ami Klayton en page d'accueil sur la GRL, Garantie bidon).
J'ai les moyens de mes exigences.
Toute personne a droit à un logement individuel décent ! Mais il n'a jamais été question d'instituer
un droit à avoir un logement gratuit. Contrairement au droit à la santé, qui est un droit absolu,
(une personne a droit à la santé de façon inconditionnelle, simplement parce que c'est un être
humain) le droit au logement n'est pas un droit absolu.
C'est un droit, mais pour celui qui a la volonté de régler un loyer correct .
1°) Tant que je ne travaille pas, j'ai droit aux APL :
En effet, si j'ajoute à mon RMI de 460,09 € les APL qui s'élevent à un maximum de 292 €
par mois, je peux assurer un loyer correct, jusqu'à 420 à 450 € par mois.
De plus, sans vouloir abuser, on sait très bien que les RMIstes ont des à-côtés qui leur permettent de ne
pas sombrer... (manche, etc...).
Je peux donc tout à fait payer un relicat d'environ 150 € par mois avec un RMI de 460,09 €. Ce qui
au passage, représente le fameux tiers des ressources réclamé, qu'on peut donc adapter aussi aux
titulaires du RSA.
2°) Avec un travail, je gagnerai correctement ma vie :
Là encore, il faut réfléchir : je pense que si on attribue un logement social à un mec au RSA,
on considère qu'il ne va pas rester toute sa vie avec cette allocation, mais qu'il va bosser. Il est donc
logique de prendre déjà en compte les revenus que cette personne va percevoir quand elle travaillera, et qui compenseront largement ses APL !...
En effet, en tant que Technicien-Réseaux, je suis sûr de gagner un minimum de 1 400 à 1500 € nets,
et un Administrateur-Réseau, même débutant, se fait au
moins 1 800 € nets. Sans oublier tous les services que je pourrai rendre en
dépannant les ordinateurs des gens !...
Je vais même encore un peu plus loin : Dans ce domaine, dès que je bosserai, je dépasserai le plafond
des HLM les moins chers. (Les Très Social - PLAI - ceux qui sont les plus mal situés et qu'on réserve
aux plus modestes...).
C'est pourquoi, ma demande de me voir attribuer directe- ment un HLM de type PLS ou Intermédiaire est d'autant plus légitime
que c'est d'une part une façon de dire :
OK, je ne peux pas payer plus de 600 € pour un studio dans le privé, mais je peux assumer plus que les
280 € d'un F1 en HLM très social. Comme indiqué plus haut, je peux régler jusqu'à 450 €, je ne demande donc pas un super cadeau,
car pour 350 €, on a un F2 Pte de Clignancourt, à côté d'une cité.
J'ai le droit de préférer un F1, mais en étant mieux situé !...
Sans oublier que cela ferait une place de plus dans un F1 très social, pour au autre qui lui, ne peux pas payer plus...
3°) Je possède des très solides garants :
Je connais des personnes qui sont prêtes à se porter caution solidaires pour moi et qui représentent le top des garanties.
Une personne dans le privé, même en CDI depuis longtemps, peut se faire licencier un jour !...
Les personnes qui sont prêtes à se porter caution sont des retraités !... Un retraité, il touche sa
retraite jusqu'à sa mort ! Plus de risque de chômage !
Eux, ils ont une retraite correcte, et en plus un petit bien immobilier de côté.
Et essayez de vous demander pourquoi des personnes sont prêtes à
se porter garant pour quelqu'un une sinon parce qu'elles savent que cette personne est digne de
confiance, et qu'elle se débrouillera toujours pour payer son loyer !...
Eh oui, je représente le risque zéro absolu !
Mais si ces personnes acceptent de se porter caution solidaire, c'est parce qu'elle me connaissent, et me respectent. C'est pourquoi, d'un
commun accord, nous avons convenu que leur garantie n'était valable que dans le cas d'une proposition portant, comme indiqué plus haut,
uniquement pour un Logement Social Intermédiaire, ou dans un HLM standard mais situé correctement !...
Mais si j'estime avoir le droit et les possibilités de vouloir vivre dans un quartier correct. Je n'ai pas non plus exigé uniquement le 16e
ou le 7e...
Il y a des tas d'autres endroits convenables, y compris dans des arrondissements plus populaires (arrondissements centraux, 10e, 11e,
etc...)
Je le répète, si on veut, des HLM il y en a, il suffit de savoir à qui ont veut réellement les attribuer...
Sinon, j'ai fait comme beaucoup, une demande au titre du DALO, le Droit au Logement Opposable.
J'ai rempli ma demande le 16 Janvier 2008.
J'ai reçu le récepissé d'enregistrement le 20 Avril 2008.
J'ai ensuite reçu un Avis Favorable de la Commission DALO le 22 Mai 2008!
Il y a déjà des gens qui me disent que je suis favorisé, car beaucoup de personnes ont vu parait-il
leur demande rejetée. Mais il faudrait aussi préciser que, comme je l'ai lu à de nombreuses reprises,
que beaucoup de gens ne sont même pas fichues de remplir un formulaire correctement !...
Et les bien-pensants s'en offusquent, en déclarant que ce sont ces publics « fragilisés » qu'on devrait considérer
comme encore plus prioritaires... C'est à mourir de rire ! Alors, justement, je repose la question à tous ceux qui croient qu'on gaspille l'argent
public en « assistant » trop les gens : Mais n'est-il pas au contraire
plus logique, pour ne pas dire normal, qu'on réserve au contraire les logements à ceux qui ne sont
pas désocia- lisés et qui pourront rapidement retrouver leur place au sein de la société, non ?
Maintenant, le Préfet disposait de 6 mois pour m'attribuer un logement ! Aujourd'hui, nous sommes en 2010 !... Alors si vous lisez cela
un jour, Monsieur le Préfet, j'espère que vous vous rendrez compte que je ne désire qu'une chose. Retrouver ma place parmi les gens qui bossent,
et qui ont la possibilité de
rentrer chez eux le soir, et de dormir dans un bon lit devant leur écran plat !...
Je ne suis pas contre le système, ni rebelle à la société, je suis seulement un mec qui exige que ses droits les plus
élémentaires soient respectés, et qu'on lui permette de retrouver la place qu'il mérite, et qu'il est capable de tenir.
Mais je n'accepterai jamais le principe de réalité bidon de tous ces travailleurs sociaux de base
qui estiment que sous prétexte qu'on n'aurait pas les moyens de respecter finan- cièrement les droits des gens, il faudrait accepter les m...
qu'ils ont : Etre logé dans un foyer où on subit la promiscuité de plusieurs personnes dans une même chambre... Jamais !